L’itinérance est toujours présente dans la Rouge

  • Publié le 12 mai 2026 (Mis à jour le 12 mai 2026)
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Le travailleur de proximité Guy Duval à la gare de Nominingue.
(Photo Medialo - Ronald McGregor)
Le travailleur de proximité Guy Duval à la gare de Nominingue. (Photo Medialo – Ronald McGregor)
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La situation de l’itinérance dans la Vallée de la Rouge ne connaît pas de répit et s’avère aussi problématique que dans les Basses-Laurentides. Si quelqu’un connaît le cours des choses, c’est Guy Duval, travailleur de proximité.

Au moment de l’appel de L’info, Guy Duval investit seulement 10 heures/semaine payées pour joindre les gens dans la rue, les sans-abris. C’est peu. Quand on lui demande s’il joint quand même les deux bouts, s’échappe un petit « ha ha ha! » en guise de réponse. Il ajoute que c’est trop peu de temps, car sa clientèle, itinérante ou errante, se répartit sur la grandeur du territoire, quoiqu’il se base à Nominingue où il réside. L’info demande un profil de l’itinérance près de nous, de la Vallée. 

« En ce qui touche l’itinérance, j’en ai cinq à Rivière-Rouge. Des personnes qui n’ont pas d’appartement. Et j’en ai une quinzaine dans l’errance qui couche à gauche et à droite, chez des amis ou des parents. Ils sont sans lieu fixe où vivre. C’est une situation autant inquiétante que l’itinérance », regrette Guy Duval, très sensible au tissu social de la région.

Questionné à savoir si ces gens touchent une aide financière quelconque du gouvernement, le travailleur de proximité acquiesce, ajoutant qu’ils reçoivent « de l’aide sociale par dépôt direct. Mais là, avec le retrait du guichet à la Banque Nationale, quelques-uns ont connu de sérieux problèmes… »

« L’itinérance, ça a créé de sérieux problèmes, oui. Les jeunes dans cette condition sociale sont très vulnérables à tous les niveaux », remarque M. Duval.

De sa clientèle, l’homme déplore la condition humaine de ceux qui consomment soit alcool ou drogue. Ce qui occasionne bien des problèmes de communications avec certaines personnes, sans oublier celui des policiers parfois sur le terrain pour cette clientèle.

À Nominingue

L’itinérance diffère un peu à Nominingue, reconnaît Guy Duval, précisant d’un même souffle que l’errance existe et il ne plie pas l’échine pour autant. En effet, la Municipalité a récemment retenu ses services par le projet Colibris.

« Je constate qu’à Nominingue il y a beaucoup d’itinérants qui sont de l’extérieur », déclare-t-il sans ambages, affirmant qu’un client arrive de la Gaspésie. « Lui vivait dans une vieille roulotte abandonnée dans le bois. Pas facile. Par contre, j’ai réussi à avoir un bon lien avec lui. Je lui ai procuré ce dont il avait besoin pour se garder, minimalement, au chaud. »

Guy Duval illustre un autre cas, une personne de Longueuil qui couche chez des gens qu’il connaît.

Des missions accomplies

De retour à Rivière-Rouge, M. Duval recadre son travail en spécifiant que placer les gens au chaud, dans un appartement, entre autres, demeure une priorité, et ce n’est pas une mince tâche. En cinq ans sur le terrain, il a convaincu trois personnes de prendre un appartement afin qu’elles se remettent sur pied. Mais les convaincre à 10 heures/semaine, c’est souvent de longue haleine qu’il y parvient.

« En tout, avec une personne en appartement, ça prend un trois ans dans cette situation pour dire, mission accomplie. Pour l’instant, trois sont bien logés depuis deux ans. Souvent, c’est à titre de bénévole qu’il atteint ses objectifs. Grâce à des dons de gens sympathiques à cette situation aussi.

À l’heure où la première ministre Christine Fréchette annonce (le 7 mai) un investissement de 28 M$ pour contrer la montée de l’itinérance et les défis persistants en santé mentale et en dépendance, on constate que les millions vont en Outaouais, Montréal et Québec. Guy Duval croit qu’une nouvelle de cette envergure se présente rarement dans la région où les appartements sont rares.

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