Dans la tête de Dorian Baysset, coureur d’Ultra-Trail

  • Publié le 23 sept. 2026 (Mis à jour le 23 sept. 2026)
  • Lecture : 2 minutes

Intouchable une minute, au bord du gouffre la suivante : dans l’Ultra-Trail, Dorian Baysset avance surtout avec la tête, là où chaque émotion peut devenir moteur… ou piège.

Dans l’Ultra-Trail, la distance n’est jamais qu’une donnée technique. Le véritable terrain de jeu – et de combat – se trouve dans la tête. Dorian Baysset, coureur de Mont‑Tremblant, connaît intimement ces montagnes russes psychologiques qui accompagnent les longues heures passées en sentier. « Dans toutes les épreuves d’endurance de plusieurs heures, on passe toujours par des hauts et des bas. Des états d’euphorie et des états un peu de dépression… dans la même course. » Pour lui, cette alternance brutale est au cœur de l’attrait des longues distances : « Les gens reviennent pour les émotions que ça procure. Des pics dans un sens comme dans l’autre. »

Des variations non accidentelles

Ces variations ne sont pas un accident, mais une composante incontournable. « C’est inévitable des moments où l’on se sent intouchable, et des moments où on se sent complètement cramé. » Baysset parle d’un « alignement d’émotions » qui rend l’expérience extraordinaire, mais exige une discipline mentale constante. Dans les creux, il faut s’accrocher à des images positives : « Quand on va se sentir très mal, il faut penser à quelque chose de positif. L’arrivée, les applaudissements, un bon plat qu’on va déguster après la course. » Il évoque aussi la nécessité de se rappeler le sens de l’engagement : « On a choisi d’être là. On a payé pour ça, on s’est entraîné fort. La compétition, c’est la cerise sur le sundae. »

La gratitude

Pour lui, la gratitude joue un rôle central. « Il faut se rappeler la chance qu’on a de pouvoir courir, de participer à l’évènement. Ce n’est pas tout le monde qui peut le faire. On est chanceux d’être au départ. » Cette conscience nourrit la motivation, même lorsque le corps proteste.

Mais l’euphorie peut aussi devenir un piège. Baysset raconte une chute survenue lors du Boréalys, à seulement dix kilomètres de l’arrivée. « J’avais baissé ma garde. Trop d’émotion. Une section facile pourtant. » Il se blesse au genou. « Je savais que le plus dur était fait, mais c’est justement là qu’on peut baisser la vigilance. » L’incident illustre une vérité simple : dans l’Ultra-Trail, rien n’est acquis tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie.

Nourrir le mental

Pour nourrir son mental, Baysset écoute des balados sur la psychologie de l’endurance. Il insiste sur l’importance de l’entourage : « Même si ça va mal, il faut que les gens autour aient des pensées positives. Il faut toujours se dire : c’est un mauvais passage, ça va revenir. » Le mot‑clé : mindset.

Abdiquer

A‑t‑il déjà abandonné ? Oui, une fois. Son premier 80 km, à l’Ultra-trail Harricana, en 2014. « Je n’avais pas fait l’entraînement nécessaire. La bandelette brûlait tellement que je ne pouvais plus courir. » Il aurait pu marcher jusqu’à l’arrivée, mais refuse : « Je ne m’étais pas inscrit pour marcher. Je voulais courir. Marcher trois heures, ça ne respectait pas l’évènement. » Il abandonne à quinze kilomètres de la fin, une décision qu’il assume encore aujourd’hui.

Clore la saison

À la suite d’une saison estivale consacrée aux longues distances, Baysset prépare maintenant une série d’épreuves intermédiaires : le 30 km de la Coupe Québec Harricana, les championnats canadiens Up and Down à Mont‑Sainte‑Anne, le Défi des couleurs, puis la Classique Tremblant, où il prévoit courir le 20 km. « Je repars sur des moyennes distances. »

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