La santé psychiatrique à l’hôpital de Rivière-Rouge

L'Hôpital de Rivière-Rouge (L'Annonciation), anciennement reconnu partout pour ses services en psychiatrie. (Photo Medialo - Ronald McGregor)
L’Hôpital de Rivière-Rouge (L’Annonciation), anciennement reconnu partout pour ses services en psychiatrie. (Photo Medialo – Ronald McGregor)

À l’occasion de la Semaine de la santé mentale, L’info retrace les grandes lignes historiques de l’hôpital de Rivière-Rouge en matière de soins en psychiatrie depuis sa construction. 

Si l’hôpital de Rivière-Rouge n’aura officiellement été un asile psychiatrique que pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui de grands espaces du bâtiment restent à ce jour dédiés aux services en santé mentale. Bien sûr, la santé mentale représente maintenant un terme plus général que dans les années 1960, alors que de nombreux préjugés et idées fausses subsistaient à ce sujet. 

Afin de retracer l’histoire des premières années de ce grand hôpital, revenons d’abord sur les mots de l’historien Richard Lagrange, qui a écrit quelques pages à ce sujet dans son livre Le Nord mon père, voilà notre avenir , publié en 1986. Autrefois nommé l’Hôpital des Laurentides, explique l’historien, l’immeuble est né de promesses électorales du ministre de la Santé dans le cabinet Duplessis, le citoyen de Mont-Laurier Albiny-Paquette. Bâti pour héberger des malades chroniques de sexe masculin, il comptait 778 lits et accueillait le surplus de patients des grands centres plus au sud. « Les soins étaient alors dispensés par 10 Frères de la Charité sous la direction de la Corporation de l’Hôpital des Laurentides composée de notables du village [L’Annonciation] : Onésime Noël, marchand, président et Lucien Cyr, notaire, secrétaire-trésorier. »

Vieille photo d'un hopital.
L’hôpital de L’Annonciation au début des années 1960 sur une vieille carte postale.

Une commission change tout

En 1961, plus ou moins un an après l’ouverture de l’hôpital, un livre dénonçant les conditions d’internement à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu (aujourd’hui Louis-Hyppolite Lafontaine). Québec institue alors une commission d’enquête auprès des hôpitaux psychiatriques du Québec. La Comission Bédard qui vient donc à L’Annonciation en 1962 et relève quelques anomalies, dont le peu de visites de psychiatres (4 jours par mois!) et l’absence de programme récréatif. Dans ses conclusions, la Commission rince le régime Duplessis, qualifiant l’hôpital comme un grand luxe de 16 M$ considérant que le bâtiment est érigé dans une région peu habitée et à 100 milles de Montréal.

Il faut savoir que l’hôpital représente à cette époque un projet-pilote visant à offrir aux malades mentaux « une chance de vivre dignement leurs conditions humaines hors des murs de l’institution », ajoute M. Lagrange dans son livre, paraphrasant le philosophe français, Michel Foucault. 

Qui d’ailleurs, dans les plus âgés, n’a pas souvenir de ces gentils et bien préparés malades qui se promenaient sur les rues du village?

Au début de 1963, le vent de changement frappe. Des psychiatres de par le monde travaillent à l’hôpital et l’on dispense maintenant de nombreux départements dont en service social et en chirurgie. 

Mais en 1968, arrive une autre révolution, une réforme, lorsqu’un docteur fait part de ses plans pour transformer l’hôpital trop gros en une petite maison de convalescence avec une petite section de psychiatrie. Une autre histoire pour une autre fois…

Et aujourd’hui?

« Au sein du CMSSS de Rivière-Rouge, nous disposons de deux unités de psychiatrie. Il s’agit d’une unité de dix lits pour les soins de courte durée pour la desserte de la population d’Antoine-Labelle et d’une unité de réadaptation en santé mentale de 24 lits à vocation régionale », indique-t-on à L’info.

Dans l’objectif d’assurer la pérennité et la qualité des services offerts aux usagers, le CISSSLAU a récemment déplacé l’unité de courte durée, qui se trouvait au 1er étage, dans des locaux au 4e étage. Tout près de l’unité de réadaptation.

« Dans le déploiement de son offre de services en santé mentale, le CISSS des Laurentides travaille en étroite collaboration avec de nombreux partenaires de différents milieux. Ce sont, entre autres, de multiples organismes communautaires, plusieurs ressources intermédiaires en santé mentale du secteur d’Antoine-Labelle, les ressources d’hébergement de crise de la région, dont le Centre de crise de la Maison Lyse-Beauchamp, ou les services de crise en CLSC, les autres services du CISSS des Laurentides, soit l’ensemble des services spécifiques et spécialisés en consultation externe, en CLSC et dans la communauté, les services en dépendance, incluant les ressources d’hébergement en dépendances (RHD) dans la région d’Antoine Labelle ou d’ailleurs dans les Laurentides, le Réseau d’éclaireurs en santé psychologique, des partenaires intersectoriels, etc. »

Les services en santé mentale font partie intégrante de l’histoire de l’hôpital de Rivière-Rouge, et continueront d’être offerts au bénéfice de la population d’Antoine-Labelle, tient finalement à souligner l’organisme. 

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