La pêche d’hier à aujourd’hui

  • Publié le 1 juin 2026 (Mis à jour le 1 juin 2026)
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Photo: SOPABIC
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Une chronique de Louise Royer

La pêche est sportive et règlementée. Il faut un permis, respecter la date d’ouverture, la taille et le nombre de poissons. Au temps de la colonisation, c’était un moyen de survie, sans règlements ni matériels sophistiqués. Une branche d’arbre, une corde, un hameçon et voilà le souper!

Mon grand-père racontait que les gens mettaient des lignes dormantes à la noirceur et les relevaient le matin en espérant ne pas voir le garde-pêche. Un autre souvenir est de ramer dans une verchère en bois de 24 pieds pendant que mon grand-papa nous dirigeait vers les bonnes fosses en pêchant à la traîne. En famille, les soirs d’été, partir sur le Lac-Tremblant au coucher du soleil et pêcher à l’entrée de la rivière Cachée, remplir le fond de la chaloupe de crapets-soleils, barbottes et perchaudes, Dieu merci, les achigans n’avaient pas envahi le lac. Nous revenions à la noirceur, transis, on se préparait pour la nuit, grand-maman arrangeait les poissons et faisait une friture qu’on mangeait avant de se coucher.

L’augmentation de la population autour des lacs, l’intérêt pour la pêche sportive et les excès ont mené à une baisse du nombre de poissons. Dès 1905, le gouvernement a créé une pisciculture à Mont-Tremblant. En 1933, elle fut transférée sur le site de Saint-Faustin, plusieurs l’ont fréquenté les fins de semaine avec un pique-nique. On se souvient des bassins où l’on nourrissait les truites et l’aquarium intérieur avec les poissons difformes. Simultanément, des piscicultures privées ont vu le jour et permettent aux gens d’ensemencer leurs lacs.

À Mont-Tremblant, Bruno St-Jean a ouvert une pisciculture en 1973. Actuellement Pisciculture Mont-Tremblant inc. produit la plus grande quantité de truites au Québec, sur le plus petit terrain! Ils produisent 80 tonnes soit 340 000 truites annuellement, essentiellement pour l’ensemencement. Karl Nolin y travaille depuis 25 ans et en est devenu le propriétaire. Karl souligne l’amélioration des techniques d’élevage et la diminution des pertes de l’alevin jusqu’à la mise à l’eau. Parmi les améliorations, la qualité supérieure de la moulée est un facteur déterminant. Au Québec, nous sommes très performants au niveau de la croissance du poisson, l’amélioration de la qualité des rejets, mais en retard au niveau de la production. Ici on produit 1200 tonnes et en Ontario 6 000 tonnes. Le grand défi pour accroître la production est d’être aux normes environnementales québécoises, les plus sévères au monde. Les piscicultures sont la réponse à la diminution du nombre de poissons en nature et l’augmentation du nombre de pêcheurs.

La pêche est ouverte! Profitez-en! C’est tellement agréable de mettre sa ligne à l’eau et d’avoir la surprise de ce qu’il y aura au bout du fil.

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