Rodger Brulotte se sentait heureux parmi les foules

  • Publié le 31 mars 2026 (Mis à jour le 31 mars 2026)
  • Lecture : 2 minutes
Luc Robert
Photo Michel Guertin
Photo Michel Guertin

Les derniers moments du légendaire analyste de baseball Rodger Brulotte, emporté par le cancer, ont été partagés de près par l’Agathois Daniel Desjardins, qui a veillé à son chevet au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Le directeur général de la Fondation médicale des Laurentides et des Pays-d’en-Haut alternait ses présences nocturnes auprès du chroniqueur, pour laisser un peu de répit à son épouse, Pascale Vallée.

« Je l’ai assisté lors des derniers mois de sa vie et cela a un peu libéré Pascale. Mon amitié avec Rodger remonte à 14 ans et nous nous sommes beaucoup rapprochés depuis l’époque de la Chambre de commerce. Il a été président d’honneur de l’événement Lumières sur le lac. J’ai accepté de le veiller, mais ça me rappelait mon père, le seul autre que j’ai accompagné dans le dernier droit. Rodger m’a tellement apporté : c’est le grand frère que je n’ai jamais eu », a-t-il commenté.

Desjardins a particulièrement été touché par la ténacité de l’analyste baseball.

« Aux soins palliatifs, il nous a demandé de serrer nos mains ensemble et d’entonner sa chanson fétiche, My way, de Frank Sinatra. Je lui ai dit que je ne savais pas chanter. Il a trouvé le moyen de m’embarquer en faisant sortir les paroles d’un karaoké sur un cellulaire. Il avait les larmes aux yeux et tous suivaient sa faible voix, mais encore audible. Et pour finir, il m’a sorti son sourire taquin en coin, en me disant que je n’étais pas si pire que ça. C’était bien Rodger : toujours se préoccuper des autres avant son propre sort », s’est-il rappelé.

 

 

 

 

 

Sans malice

L’implication de Rodger Brulotte dans les causes communautaires demeure légion. Il ajoutait son grain de sel humoristique à toutes ses présences, mais jamais négativement.

« Rodger répétait que si quelqu’un te fait du tort, inutile de lui tomber dans la face. Une voix basse et grave a plus d’impact en privé. Qu’il faut toujours se garder des portes ouvertes. Peu importe la cause qu’il endossait, il demeurait un solide ambassadeur, toujours prêt à aider. Par exemple, pour acquérir, installer un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et procéder à l’agrandissement à l’Hôpital de Sainte-Agathe, on a démarré une campagne de financement de 6 M$. Il a composé un numéro et a jasé avec des gens. Dix minutes plus tard, j’apprenais que la Fondation Mirella et Lino Saputo venait de faire un don de 750 000 $ à notre cause avec une option additionnelle de 250 000 $ au besoin. Il était incroyablement généreux pour les gens et les jeunes », a-t-il renchéri.

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