L’itinérance toujours plus présente dans les Hautes-Laurentides

  • Publié le 20 sept. 2024 (Mis à jour le 13 avr. 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Maxime Ouellette

L’info lève le voile sur la situation actuelle de l’itinérance dans la région. Un phénomène de plus en plus visible. Entrevue avec des intervenants dans le domaine.
Le phénomène est visible à Mont-Laurier, mais aussi sur l’ensemble du territoire de la MRC d’Antoine-Labelle, ainsi qu’un peu partout dans la province de Québec. Dans les Hautes-Laurentides, il est possible de voir des campements un peu partout, notamment des tentes et autres abris de fortune. Certains sont visibles dans les environs de la piste cyclable du P’tit Train du Nord.

L’info a approché la Maison Lyse-Beauchamp, ainsi que l’organisme Ressources Olivier, pour savoir si l’itinérance était bel et bien en hausse dans la région et pourquoi. Fanny Olivier, directrice générale des Ressources Olivier, note d’abord une hausse de l’itinérance à Mont-Laurier et ses environs, alors que les demandes pour les services de l’organisme abondent. « Nous avons doublé notre capacité d’accueil en Maison Oxygène, pour passer de 6 lits à 12 lits. »

Elle ajoute que l’itinérance affecte désormais la classe moyenne. « De plus en plus de personnes de la classe moyenne se retrouvent sans logement. » Cette dernière parle notamment de la pénurie de logements abordables, ainsi que de la hausse du coût de la vie.

Maison Lyse-Beauchamp

À la Maison Lyse-Beauchamp, on s’accorde avec les Ressources Olivier pour affirmer que la hausse de l’itinérance est liée à la hausse du coût de la vie et le manque de logements. « Un 3 ½ est passé de 980$ à 1080$, pas chauffé ni éclairé. Une personne vulnérable se retrouve avec peu de chances de se trouver un logement », mentionne le directeur général de l’organisme, Michel Bolduc.

Il ajoute que ce n’est pas seulement à Mont-Laurier que la hausse de l’itinérance est visible, mais qu’il s’agit d’un phénomène provincial.

La Maison Lyse-Beauchamp offre de nombreux services, mais ne se spécialise pas en itinérance. Néanmoins, 4 lits sont dédiés aux sans-abris, alors que 6 lits sont dédiés à une clientèle temporaire de 0 à 30 jours.

On retrouve aussi la halte-chaleur, un ajout de l’organisme depuis déjà quelques années, qui offre un refuge aux sans-abris. Cependant, l’endroit est fermé en période estivale « […] car on arrivait difficilement à contenir », a partagé M. Bolduc. La réouverture de l’endroit s’est effectuée le 15 septembre dernier. Elle sera ouverte jusqu’en mai prochain.

Il y a 2 ans, l’organisme avait mis en place des igloos pour les sans-abris, en partenariat avec le Comité local en errance, itinérance et santé mentale. Selon M. Bolduc, il s’agissait d’un essai qui ne sera pas reporté par la Maison Lyse-Beauchamp. « Le principe s’applique difficilement en région. Le Comité local en itinérance a parlé de faire d’autres tentatives, mais nous, au niveau de la surveillance et de l’emplacement, on trouve que ce n’est pas une option. »

Quant au problème de l’itinérance à court terme, M. Bolduc se montre peu optimiste. « Je n’ai pas l’impression que ça va aller en baisse. »

D’autres ressources

Michel Bolduc souligne que la Maison Lyse-Beauchamp offre de nombreux services pour prévenir l’itinérance. « On a 18 lits en santé mentale, 30 lits en dépendance à Ferme-Neuve, 10 lits en ressource d’urgence. Nous avons aussi 16 nouveaux logements qui ont été construits l’année dernière, qui ont été offerts à des personnes à risque. »

Ce dernier ajoute que les gens d’ici sont tout de même privilégiés d’avoir accès à ces services. « On ne prend pas des gens de l’extérieur pour les logements. Ça doit être des personnes qui demeurent ici depuis 1 an ou 2 minimum. À Ferme-Neuve, dans la Maison Lafontaine, un logement a été terminé et est habité par une personne originaire de Ferme-Neuve, qui était à risque d’itinérance. »

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