L’homme est ici depuis 6000 ans croient les Gardiens du Patrimoine Archéologique

  • Publié le 29 nov. 2022 (Mis à jour le 12 avr. 2025)
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Les Gardiens du Patrimoine Archéologique des Hautes-Laurentides et leur équipe de recherches ont connu un autre succès alors qu’après trois semaines d’intenses activités le temps est à l’émerveillement et au questionnement.
Novembre égal temps du bilan pour Sylvie Constantin et Sylvain Généreux, le noyau fondateur des Gardiens. Ce dernier s’avoue heureux de la somme de travail accompli en 2022. 

« Une bonne saison, intensive, surtout au Grand lac Nominingue, et ce, malgré une intervention à L’Ascension et une autre petite à la pointe des Sœurs au Petit lac Nominingue. On s’est surtout concentré une fois de plus sur notre site près de l’embouchure du ruisseau Jourdain », affirme M. Généreux.

À la lumière de la récolte estivale, Sylvain Généreux s’avance en disant que cet endroit était peut-être un grand lieu de rassemblement, ajoutant que le site démontre une présence humaine qui remonte à 6000 ans. C’est 4000 ans avant Jésus-Christ.

Poterie

« Il y a 6000 ans d’occupation humaine, ce qui correspond à la période sylvicole. Un changement pour les peuples qui sont partis des toundras pour venir ici. On parle de la période de la déglaciation où la végétation repousse et les humains commencent à occuper les territoires. Tranquillement, ils arrivent ici avec de la poterie et après cette période, c’est le contact avec les Européens où l’on commence à trouver des perles de traite et des pierres à fusil. On parle d’une longue occupation de la préhistoire à l’arrivée des Européens », raconte-t-il.

Les fouilles ont permis de découvrir plusieurs foyers qui illustrent les propos du Gardien. Mais la poterie porte à réfléchir notamment sur l’utilisation de celle-ci par les nomades.

« Dans nos livres d’histoire, se souvient M. Généreux, on apprend que la poterie est utilisée davantage par les sédentaires qui vivent aux bords de l’Outaouais et du Saint-Laurent et qui font de l’agriculture. Mais là, on voit que les nomades font aussi de la poterie. Oui, ils l’utilisent, mais est-ce qu’ils en font? On ne peut confirmer, mais on a des doutes. Les recherches affirmeront dans le futur », se réjouit-il.

Présence universitaire

L’Université Laval était une fois de plus au rendez-vous pour les fouilles, sans oublier la présence d’un professionnel de l’archéologie expérimentale qui a récupéré de l’argile sur la Lièvre, près d’un site où de la poterie a été trouvée. De l’expérience, il est prouvé que cette argile est bonne, ce qui pourrait indiquer la fabrication de poterie par les nomades. Aussi sur place avec des étudiants, dont des Nomininguois, travaillent la chargée de projet Karine Taché et son conjoint Francis Lamothe ainsi que des spécialistes dans des fouilles de cette nature.

Les recherches sur le site sont loin d’être terminées, car le site recèle sans doute plus d’histoire, ce qui confirme le retour des Gardiens sur le site l’été prochain. « Ce site correspond à un X sur une vieille carte que nous avons. Il y en a d’autres ailleurs, mais celui-ci est payant pour l’instant », conclut Sylvain Généreux.

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