L’ARLM craint pour l’environnement de son lac

  • Publié le 9 juin 2026 (Mis à jour le 9 juin 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Le lac Marsan à Rivière-Rouge.
(Photo Alain Dawagne)
Le lac Marsan à Rivière-Rouge. (Photo Alain Dawagne)

L’Association des résidents du lac Marsan (ARLM) craint qu’un entrepreneur des Laurentides exploite d’ici dix ans deux sites de carrières. Des conséquences qui pourraient tarir ou contaminer les puits artésiens et le lac, sans parler de l’ensemble de l’environnement comme la faune et la flore.

Alain Dawagne porte le chapeau de président de l’ARLM. Il joint L’info afin que ce problème soit connu. Car ce danger est aussi à la grandeur du Québec.

« Le danger vient du fait que le fractionnement rocheux pourrait avoir comme conséquence de tarir ou contaminer nos puits artésiens. Le lac, un lac de tête, est fourni en presque totalité par des sources souterraines. Les deux sites de carrières sont encore plus imposants que celui de Saint-Faustin le long de la 117. Elles seraient situées à 300 m du lac et à moins de 50 m de résidences venant tout juste d’être construites. Notre environnement est donc menacé par deux sites d’exploitation de substances minérales de surface et la survie même de tout un quartier est à risque. »

Les territoires visés par l’entrepreneur sont sur des terres de la couronne, et ces mêmes terres ont été répertoriées comme des territoires incompatibles à l’activité minière (TIAM) jusqu’en 2018.

Le président travaille sur le dossier depuis 2022. L’ARLM met de la pression sur les instances politique de tous les paliers depuis. Mettre un frein à ce qu’il perçoit comme une bévue n’est pas chose facile, puisque le propriétaire des baux (de 10 ans) d’exploitation exclusive respecte en tout point les règles de l’art minier.

De petite envergure, l’ARLM, avec ses quelque 200 membres résidents, n’a pas les capacités financières pour aller en justice.

Des questions

En 2018 donc, sans raison officiellement reconnue par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) ou la MRC d’Antoine-Labelle (MRCAL), les TIAM (naguère des CLAIMS) sont disponibles. En 2019, les baux d’exploitation exclusive sont émis.

« Nous ne comprenons toujours pas pourquoi les baux ont été émis à cet endroit fragile et stratégique pour notre communauté. Plus d’une dizaine de résolutions, dont trois de la Ville de Rivière-Rouge et tout autant de la MRCAL, informaient le MRNF qu’ils s’opposaient formellement à toute forme d’exploitation des substances minérales de surface sur les deux sites convoités par l’industrie en demande », informe M. Dawagne, qui a toujours le doigt sur le bouton d’alarme encore aujourd’hui.

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« On ne peut pas arrêter, car c’est la destruction d’un milieu de vie »
– Alain Dewagne

« Nous avons la chance d’être dans une zone de recharge préférentielle de la nappe phréatique, mais ce qui fait notre chance aujourd’hui pourrait se transformer en cauchemar si ces mêmes sources devaient être fragilisées par l’exploitation des carrières. Il faut savoir qu’une bonne quantité de riverains dépendent entièrement de la qualité de l’eau du lac puisqu’ils s’y alimentent pour leurs besoins de consommation quotidiens et que la municipalité ne pourra jamais nous brancher au réseau d’aqueduc », ajoute le président.

L’ARLM a reçu de nombreux appuis, même de la MRCAL et de la Ville. Dans ses rencontres à ce sujet, le président souligne la présence de la députée Chantale Jeannotte.

Tous écoutent et tiennent des gestes de support à l’ARLM. Que faire de plus alors?

Rencontre au sommet

Le 1er juin, lors d’une rencontre de membres du comité administratif de l’ARLM ainsi que la députée Jeannotte et, entre autres, du MRNF, Ian Morissette, sous-ministre associé aux Mines, du MELCCFP (Ministère de l’Environnement), Stéphane Tomat, directeur général secteur Nord-Ouest et principal porte-parole pour le ministère, Bruno Racine, directeur régional des autorisations environnementales – Laurentides, le préfet de la MRCAL Daniel Bourdon et le maire de Rivière-Rouge, Gilbert Therrien.

Alain Dawagne, joint en Europe, explique ce qu’il en sort.

« L’espoir s’amenuit avec le temps. Mais c’est à ce moment-là que l’ARLM a appris que l’entrepreneur fait tout dans les règles, n’étant pas à sa première démarche en ce sens. Pire, nous avons eu réponse à l’histoire des TIAM. C’est le directeur de l’aménagement du territoire qui en aurait fait la demande à l’époque », déplore le président.

Malgré ce recul, l’ARLM n’entend pas baisser les bras.

« On engage même des sommes considérables […] On ne peut pas arrêter, car c’est la destruction d’un milieu de vie », conclut M. Dawagne.

Lac au matin de brume
Le lac Marsan pendant une brume matutinale. (Photo ARLM)

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