Écoute agricole: un cri du cœur pour la survie de l’organisme

  • Publié le 26 oct. 2026 (Mis à jour le 26 oct. 2026)
  • Lecture : 3 minutes

Écoute Agricole doit trouver 200 000 $ pour assurer la poursuite de ses activités auprès des producteurs agricoles et de leurs familles. Sans ce financement, l’avenir de l’organisme qui œuvre notamment dans les Laurentides est incertain.

Le service de travailleur de rang d’Écoute Agricole accompagne les producteurs, les familles agricoles, les employés du secteur ainsi que les intervenants du milieu qui traversent des périodes difficiles. Gratuit et confidentiel, ce service d’écoute et d’accompagnement permet notamment d’orienter les personnes vers les ressources appropriées et d’offrir un suivi directement sur la ferme ou à domicile.

Les travailleurs de rang interviennent dans diverses situations, qu’il s’agisse de stress, d’épuisement, d’isolement, de difficultés financières, de conflits familiaux, de dépendances, de problèmes de santé physique ou mentale, ou encore d’idées suicidaires.

Un cri du cœur

Sur sa page Facebook, Écoute Agricole lance un appel à la mobilisation afin d’assurer la poursuite de ses services auprès du milieu agricole. L’organisme affirme traverser une situation financière critique après plus de deux ans sans financement gouvernemental récurrent.

« Sans nouveaux fonds, nous risquons de ne plus pouvoir offrir nos services dès la fin décembre », prévient l’organisme.

Pour maintenir ses activités tout en poursuivant ses efforts afin d’obtenir un financement récurrent, l’organisme doit amasser 200 000 $ d’ici le 31 décembre 2026.

Briser l’isolement du monde agricole

Pour Caroline Poirier, copropriétaire de la Ferme Caniel Holstein à Mont-Saint-Michel, le soutien des travailleurs de rang d’Écoute Agricole est arrivé au bon moment. Nouvellement installée dans la région, elle disposait d’un réseau limité et cherchait une personne à qui se confier. Leur écoute et leur accompagnement lui ont permis de traverser une période plus difficile.

« Ça a été un soutien au cœur de mon quotidien », résume-t-elle. Elle souligne que les travailleurs de rang comprennent bien la réalité agricole, la fatigue et le stress qui accompagnent le métier. Leur accompagnement lui a permis de prendre du recul, de mettre de l’ordre dans ses pensées et de parler à une personne neutre. « J’ai trouvé quelqu’un pour m’aider à comprendre, puis à m’écouter », affirme-t-elle, saluant également le suivi offert par l’organisme.

Serge un agriculteur qui souhaite garder l’anonymat, estime qu’Écoute Agricole est arrivé au bon moment dans sa vie et que sa travailleuse de rang était sympathique, facile à parler et réussissait à le faire parler naturellement. « Je ne me suis jamais senti jugé ou diminué. Habituellement, j’ai beaucoup de difficulté à faire confiance et à parler de ma vie privée ou de ce que j’ai dans la tête, mais avec elle, je me sentais bien et à l’aise. »

Une campagne d’urgence qui rallie le milieu agricole

L’info s’est entretenu avec Magali Noiseux-Laurin, la directrice générale d’Écoute Agricole. Elle souligne que depuis deux ans, Écoute Agricole doit composer avec la perte de certaines subventions à la mission. Malgré des efforts soutenus pour diversifier ses revenus, notamment par de nouvelles activités de financement et la recherche de partenaires, l’organisme n’a pas réussi à combler l’écart budgétaire.

« Nous avons vraiment travaillé fort, fait de nouvelles levées de fonds et rencontré de nouvelles personnes, mais ça n’a pas été assez », explique-t-elle. Avant les élections, l’organisme a également rencontré plusieurs ministres. Bien que ceux-ci aient démontré de l’ouverture envers leur mission, aucune nouvelle source de financement n’a pu être confirmée. « Il n’y avait pas de fond de tiroir ou de nouvelle source de financement pour ça. Donc, on n’a pas eu de bonnes nouvelles avant les élections », résume-t-elle.

Face à cette situation, l’organisme a lancé une campagne de financement d’urgence sur les réseaux sociaux. La réaction du milieu agricole et de ses partenaires a été rapide. En quelques jours seulement, la publication a été partagée plus de 200 fois de façon organique.

« Des agriculteurs, des partenaires et des gens qui ont vraiment à cœur notre organisme ont relayé le message », souligne Mme Noiseux-Laurin. Les dons ont commencé à entrer rapidement, allant de 25 $ à 1000 $, permettant déjà d’atteindre entre 7 % et 8 % de l’objectif en moins d’une semaine.

La directrice générale se dit encouragée par cet élan de solidarité et croit que la mobilisation pourrait également susciter l’appui d’entreprises du secteur agroalimentaire. « J’ai confiance que ça va se jaser dans le milieu », affirme-t-elle.

Elle rappelle que l’organisme bénéficie depuis plusieurs années d’un soutien important de la communauté agricole, notamment dans les Laurentides. La Ferme des Petits Oignons (Mont-Tremblant) agit comme point de cueillette pour les boîtes-repas de la soirée-bénéfice annuelle, tandis que La Récolte de la Rouge (Brébeuf) a déjà contribué à l’encan virtuel organisé par l’organisme.

Chaque année, cet encan réunit plus d’une centaine de lots offerts par des entreprises et producteurs partenaires et permet d’amasser autour de 10 000 $ au profit d’Écoute Agricole. « On a vraiment un très beau soutien de la part des agriculteurs. »

La survie de l’organisme demeure toutefois menacée. Sans l’obtention de nouveaux fonds, ses services pourraient prendre fin dès le mois de décembre. « Nous devons recueillir 200 000 $ d’ici cette date pour maintenir nos services et poursuivre nos démarches afin d’obtenir un financement récurrent », rappelle Mme Noiseux-Laurin.

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