Les médecins s’inquiètent d’un mauvais investissement

  • Publié le 13 juill. 2022 (Mis à jour le 12 avr. 2025)
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Maxim Ouellette-Legault

Il y a peu, les médecins en chef des services de l’hôpital de Mont-Laurier se sont concertés afin d’écrire une lettre à l’intention de la PDG du CISSS des Laurentides, Rosemonde Landry. Dans cette lettre, les médecins de l’hôpital de Mont-Laurier se montrent inquiets envers l’investissement de 50 millions de dollars qui sera utilisé pour mettre à jour des chambres, alors que le besoin en service est criant.
Le médecin en chef du service des soins intensifs et porte-parole des médecins de l’hôpital de Mont-Laurier, Francis Paquette, souligne que les aménagements proposés ne vont pas améliorer la situation à l’hôpital de Mont-Laurier : « Il est vrai que les chambres sont à refaire éventuellement, mais les médecins et les intervenants locaux pensent que ce n’est pas la priorité et que cela ne va rien changer aux services qui sont offerts à la population ».

Francis Paquette explique que le CISSSLAU prévoit la création de 44 nouvelles chambres. Cependant, à cause du manque de personnel qui sévit dans l’hôpital de Mont-Laurier, seulement 28 d’entre elles pourront accueillir des patients, 16 demeureront vacantes. Francis Paquette compare la revitalisation à venir de l’hôpital de Mont-Laurier au CHUM à Montréal : « Au CHUM, il y a plusieurs chambres vacantes par manque de personnel. Il faudrait apprendre de nos erreurs et ne pas faire la même chose à Mont-Laurier ».

Plutôt que de créer de nouvelles chambres, les médecins en chef de l’hôpital de Mont-Laurier proposent de favoriser les services offerts à l’hôpital de Mont-Laurier et ainsi diminuer les temps de séjour au sein de l’établissement. Ils souhaitent favoriser des secteurs clés, comme la pédiatrie, l’urgence, les soins intensifs, la pharmacie et la résonance magnétique : « ce sont les cinq points les plus urgents et importants. Ce sont des services qui vont complément changer la donne pour les patients », explique Francis Paquette. Il ajoute aussi que : « Nous passons plus de 200 jours par année dans cet hôpital et nous ne sommes pas consultés ».

« Concernant l’hôpital de Mont-Laurier, il n’y a plus rien qui va »
Francis Paquette

Des pertes d’efficacités

Francis Paquette explique qu’il y a des pertes d’efficacité à l’hôpital de Mont-Laurier qui pourraient être évitées si l’on favorisait les secteurs clés. Il compare l’hôpital de Mont-Laurier à un stationnement : « Les gens attendent des heures à l’urgence, coucher sur des civières. Ils attendent des tests qui seront faits ailleurs. Quand nous envoyons un patient à l’extérieur, une infirmière assiste le patient dans le transport, ce qui dégarnit notre plancher ».

Le porte-parole ajoute notamment qu’améliorer le fonctionnement de l’hôpital pourrait permettre de ramener des infirmières, mais aussi certains spécialistes qui ne se déplacent plus à l’hôpital de Mont-Laurier : « Les ophtalmologistes ne viennent plus, car ils n’ont plus de locaux ». Il ajoute notamment que pour attirer des employés, il se doit d’avoir du matériel efficace : « Des chambres neuves améliorent l’expérience des patients, mais n’améliorent pas l’expérience employée ».

Le médecin en chef des soins intensifs souligne aussi qu’il y a de nombreuses années, l’hôpital pouvait accueillir 60 patients hospitalisés. Lors de la dernière décennie, c’était plutôt entre 45 et 50 patients. Lorsque la COVID-19 est arrivée, il y avait déjà une pénurie de main-d’œuvre et la situation a dégénéré. L’hôpital a subi des changements rapides et pouvait accueillir que 35 à 40 patients hospitaliser. Depuis 6 mois, Francis Paquette explique que seulement 28 lits sont disponibles pour des patients hospitalisés.

Le CISSSLAU réagit à la situation

Le CISSSLAU a bien entendu les inquiétudes des médecins en chef de l’hôpital de Mont-Laurier et s’exprime ainsi : « Nous croyons en l’importance d’un hôpital moderne pour la région et sommes confiants quant à la réalisation du projet d’envergure qui est proposé ».

Selon Dominique Gauthier, agente d’information de l’équipe du Service des relations médias, relations publiques et à la communauté du CISSLAU, l’aménagement de chambre individuel serait une première phase de la modernisation de l’hôpital de Mont-Laurier. Le CISSSLAU souligne aussi que le département de pharmacie sera agrandi et modernisé lors de cette phase.

Le CISSSLAU explique le choix de revitaliser les chambres de l’hôpital de Mont-Laurier parce que : « les prévisions démographiques indiquent un vieillissement de la population ». Le CISSSLAU indique aussi que : « Nous planifions des rénovations afin d’assurer la fonctionnalité de certains secteurs, dont le Centre mère-enfant-famille ».

Le CISSSLAU prévoit une deuxième phase de travaux qui prendra compte des secteurs du bloc opératoire, de l’endoscopie, de la salle de réveil, de la chirurgie d’un jour, de l’unité de retraitement des dispositifs médicaux, de la préadmission, des cliniques externes, de l’urgence et d’une nouvelle imagerie par résonnance magnétique (IRM). Pour cette deuxième phase, le CISSSLAU est présentement en attente d’un retour de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux.

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