Être aux petits oignons… pour ses légumes et pour la planète

Photo: Médialo -Patrice Francœur
Photo: Médialo -Patrice Francœur

L’info est allé à la rencontre de deux passionnées au pouce vert. Jeanne Picard et Anne Fleury toutes les deux sont membres travailleurs de la Ferme aux petits oignons, une coopérative de solidarité sans but lucratif située à Mont-Tremblant.

La Ferme existe depuis une vingtaine d’années, sa conversion en coopérative date de 2023. Une conversion qui assure sa pérennité. Ici on récolte une variété de plus de 60 légumes et fines herbes biologiques. Une culture agroécologique en rotation sur 6 hectares en champ ainsi qu’en serres carboneutre. L’essentiel de la production est destiné aux abonnements de paniers bio solidaires.

Lors de notre visite à la toute fin du mois de mars, les employés s’affairaient à mettre en terre des dizaines de plants de tomates de diverses variétés dans l’une de leurs serres. Un air d’été pour ceux qui s’y affairent, un antidote à cet hiver qui ne finit plus de finir.

Du travail à l’année

En haute saison, la ferme emploie une vingtaine d’employés. « Tous des employés locaux! », se réjouit Anne Fleury. Mais ici il y a du travail douze mois par année.

« C’est un mythe que de penser que les fermiers ne sont occupés qu’en été. Aussitôt que la saison se termine, on est déjà en train de planifier la prochaine saison en dressant un bilan de ce qui a moins bien fonctionné et comment s’ajuster. Il faut commander les semences. Les transplants sont partis à partir dès février. C’est sans compter tout le travail administratif, le recrutement des clients, la vente de nos paniers. C’est un feu roulant. »

Choisir le métier de fermier de famille

Pourquoi avoir choisi un tel métier? Pour Jeanne Picard, diplômée en horticulture c’est un choix dicté par la passion. « Je pense que c’est une question de passion de choisir ce métier-là. Je sais que c’est une partie par gourmandise parce que j’aime vraiment m’alimenter de produits frais locaux. Ça a bien plus de saveurs que c’est ceux qu’on trouve en épicerie. C’est vraiment pour ça initialement le plaisir d’allier autant le travail physique intellectuel. » Elle poursuit en soulignant que son métier requiert une panoplie de connaissances dans différents domaines comme ceux de l’électricité, de la plomberie, de la compréhension des sols, de l’irrigation. « C’est vraiment vaste! »

Pour Anne Fleury, c’est un métier qui a du sens. « C’est surtout le sentiment de faire quelque chose qui a du sens, c’est du concret, tu constates directement l’impact que tu as dans la communauté, c’est aussi pour des enjeux environnementaux que j’ai choisi ce métier. » Elle ajoute que son travail n’est pas juste un job pour lequel elle est rémunérée. « C’est aussi un projet. »

Faire le choix du bio

Les consommateurs qui font le choix d’une alimentation le font bien souvent pour des raisons de santé. Par ricochet, cette décision a aussi des effets positifs sur les terres agricoles d’ici.

Selon QuébecBio, les trois grands avantages de l’agriculture sont la préservation de la biodiversité, la conservation des sols et la protection des cours d’eau. Au fil des ans, de nombreuses études ont démontré qu’une entreprise qui choisit de convertir ses superficies agricoles en mode biologique augmente de 30 % la biodiversité des milieux naturels de sa ferme. Plus d’espèces végétales, plus d’insectes, plus d’abeilles, donc une augmentation de la pollinisation naturelle.

Une étude de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM) démontre une augmentation de 150 % de l’abondance des espèces végétales dans les champs et en bordure des champs en cultures bios ainsi qu’une augmentation de 30 % du nombre de pollinisateurs.

La conservation des sols est l’un des objectifs fondamentaux de l’agriculture biologique. Selon cette même étude de l’IFOAM, les sols sous régie biologique réduiraient de 22 % l’érosion des sols et de 26 % la perte de sols.

La Ferme aux petits oignons est à proximité de la rivière du Diable. L’agriculture biologique qu’on y pratique favorise sa protection. La non-utilisation de pesticides et d’engrais chimiques permet de préserver la qualité de l’eau. Ces produits nocifs contaminent nos cours d’eau pour ensuite contaminer les nappes phréatiques, mettant en péril la faune aquatique et la qualité de l’eau potable.

Pour Anne Fleury le choix du bio pour la ferme a toujours été une évidence. « Il nous apparait essentiel de préserver la santé des sols et des cours d’eau pour continuer de nourrir les générations futures et leur léguer des terres vivantes et fertiles, précise la fermière de famille.

Un coup de pouce de la part des clients

Pour des producteurs maraichers tels qu’Anne et Jeanne, de pouvoir compter sur une clientèle fidèle, ça vaut son pesant d’or. Elles insistent aussi sur l’importance que la réservation des paniers par les consommateurs soit effectuée tôt en saison. « C’est un véritable coup de pouce pour la ferme. Le modèle de panier est intéressant justement parce qu’on peut avoir un soutien dès le début de la saison. Avec ce soutien, on peut mieux planifier la saison à venir. On peut mieux prévoir quelle culture on veut privilégier et en quelle quantité on veut les produire. »

Parmi les défis qu’elles ont à affronter, il y a celui du recrutement de nouveaux clients. « Le renouvellement (des clients) est bon, son taux est autour de 70 %. Les gens, d’une année à l’autre, reviennent, ce qui est quand même assez positif. Mais il faut aussi aller chercher de nouveaux abonnés », précise Anne Fleury.

La relation avec les clients

Pour les deux maraichères, l’attrait des paniers hebdomadaires réside dans la relation directe avec les clients.

« Si le client se trouve face à un légume qu’il ne connait pas, il pourra compter sur les conseils de l’un des employés de la ferme. Ça peut aller de la manière de l’apprêter, à sa conservation et même au partage de recettes », précise Jeanne Picard.

Une relation qui se développe au fil des semaines, des saisons, des années.

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