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Culture

La gare de Rivière-Rouge sauvée par ses citoyens

La gare de L’Annonciation (Rivière-Rouge) au début des années 1900.
(Photo - Société d’histoire de Rivière-Rouge — Collection Jean-Luc Allard)
La gare de L’Annonciation (Rivière-Rouge) au début des années 1900. (Photo – Société d’histoire de Rivière-Rouge — Collection Jean-Luc Allard)

Le 10 janvier 1986, le CP Rail annonce qu’elle planifie de poursuivre son projet de démolition des gares restantes amorcé en 1981. La gare de LAnnonciation est dans sa mire. C’est à ce moment qu’une poignée de citoyens se soulève, prête à la sauver.

« Par la présente, Canadien Pacifique Limitée fait part de son intention de déposer le bâtiment de la gare de LAnnonciation au plus tôt 30 jours après la publication de cet avis. » C’est en ces mots écrits sur une note affichée sur la gare, et signée par R. J. Bell, haut fonctionnaire pour la Division du Québec, que tout se met en branle pour sauvegarder le bâtiment patrimonial bâti en 1903-1904.

Adrien Grégoire, alors conseiller municipal à LAnnonciation, est l’un des citoyens qui ne veulent pas voir le spectacle de cette démolition annoncée.

« Le 3 novembre 1985, je venais d’être élu conseiller municipal à LAnnonciation. Je ne me doutais pas à ce moment-là que, de 1985 à 1992, je serais aussi intensément impliqué comme conseiller, mais aussi comme président initial de la Corporation des gares des Laurentides. Et deux ans plus tard comme coordonnateur initial du projet de parc linéaire », raconte M. Grégoire.

Enjeux considérables

Selon M. Grégoire, les enjeux s’avéraient considérables, les intérêts parfois convergents, aussi parfois divergents, selon qui souhaite les terrains de CP. 

« Les espoirs pour sauver les gares sont, dans un premier temps, pour récupérer lemprise et sassurer quelle ne soit pas morcelée et que le projet de parc linéaire se réalise par de grandes incertitudes pendant près dune décennie », ajoute-t-il.

Une importante mobilisation s’active. Un plan daction stratégique s’impose, un plan qui nécessite la complicité, la collaboration étroite et la coalition d’intervenants, notamment des organismes régionaux de l’époque.

« Dans mon rôle de conseiller municipal et [l’historien] Richard Lagrange, comme président de la Société du Patrimoine de la Vallée de la Rouge (SPVR), nous avons formé une équipe déterminée en unissant nos forces et nos interventions et en élaborant une stratégie et un plan daction qui se sont avérés un succès », se souvient M. Grégoire.

Un modèle prometteur

M. Grégoire note le leadership de plusieurs acteurs dans ce dossier. « LAnnonciation avec lappui de la SPVR, la Chambre de commerce, les nombreux bénévoles et la population, avons assumé un rôle de leadership déterminant. Nous avons été les premiers à signer une entente avec CP le 16 juin 1987 et nous avons obtenu un moratoire dun an pour toutes les autres gares pour lesquelles les municipalités manifesteraient leur implication concrète. Sans fausse modestie, nous avons été un modèle qui a influencé et a donné de la crédibilité aux possibilités de sentendre avec CP et de remettre en valeur ce patrimoine bâti avec la volonté. Avec limplication de la communauté et du conseil municipal », chante aujourd’hui Adrien Grégoire à L’info.