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MacTaverne : une famille, une rivière et un pub pas

Photo gracieuseté MacTaverne
Photo gracieuseté MacTaverne

À Val-David, sur le bord de la rivière du Nord, l’ancien Baril Roulant a changé de visage, mais pas complètement d’âme. L’endroit a troqué une partie de son côté bohème pour une allure plus léchée, plus sobre, plus pub de montagne. Pourtant, derrière le bar, dans la cuisine, sur la terrasse ou dans les chambres à l’étage, on sent encore cette idée simple : ici, les gens ne viennent pas seulement manger. Ils viennent s’arrêter. 

@C:Par Jean-Simon Guay 

C’est peut-être ce qui a attiré les Robertson. Avant même que le projet de la MacTaverne existe réellement, la famille passait déjà devant le bâtiment en allant voir les parents, installés dans le secteur. La rivière, la terrasse, le village, la clientèle de plein air, tout semblait déjà former un décor presque évident.  

« On n’a pas vraiment arrêté de penser au local », raconte Tim Robertson, copropriétaire, responsable du bar et du service. Le bâtiment avait besoin d’amour, reconnaît-il, mais là où plusieurs voyaient surtout du travail, eux voyaient du potentiel. 

@ST:Un pub britannique aux couleurs des Laurentides 

@R:Avec son frère Michael, chef de la MacTaverne, Tim rêvait depuis un moment d’un lieu plus décontracté que les restaurants montréalais où ils avaient fait leurs classes. Un endroit où l’on pourrait venir autant pour une bière et un burger que pour un repas complet, des cocktails, une belle bouteille et un dessert maison. « On veut que ce soit démocratique », explique Micheal. 

Cette idée résume bien l’esprit de la maison. La MacTaverne est un pub britannique, oui, mais un pub passé par les Laurentides, par Montréal, par l’histoire familiale et par une vraie rigueur de restaurant. Le <@Ri>fish and chips<@$p> arrive avec son aiglefin tendre, ses frites épaisses et ses petits pois écrasés, comme le veut la tradition. Le <@Ri>scotch egg<@$p>, croustillant à l’extérieur, coulant à l’intérieur, rappelle qu’un plat simple peut demander beaucoup de technique. Le burger, le steak, le poulet piri-piri, les ailes ou les desserts ne cherchent pas à impressionner.  

 

Ils misent plutôt sur ce que Michael Robertson décrit à travers sa cuisine : du réconfort, mais bien fait. 

À la MacTaverne, les influences britanniques se mêlent aux souvenirs familiaux et aux produits du coin. La grand-mère, très québécoise, cuisinait des rôtis, des pommes de terre pilées, des plats généreux qui sentaient la maison. C’est ce genre de mémoire que la cuisine tente de reprendre.

Une histoire de famille 

La famille Robertson, elle, a pris ce flambeau à deux mains. Les parents ont contribué aux rénovations. La mère a participé à l’aménagement et à la décoration des chambres. Le père continue de mettre la main à la pâte. Les conjointes gravitent aussi autour du projet. Les enfants ne sont jamais bien loin. À certains moments, trois générations peuvent se croiser dans le restaurant. C’est une affaire de famille au sens le plus concret du terme. 

Travailler en famille fait peur à plusieurs. Pas à eux. Tim sourit lorsqu’on lui dit que certains ne pourraient jamais faire ça.  

« Moi non plus, je n’aimerais pas travailler avec ta famille », lance-t-il. La phrase dit beaucoup. La MacTaverne n’est pas seulement une entreprise. C’est un choix de vie. Tout le monde a quitté quelque chose, investi du temps, de l’énergie, des économies et une bonne part de confiance dans ce bâtiment au bord de l’eau. « C’est comme mettre tous ses œufs dans le même panier », image Tim. 

Le pari était risqué. Un pub d’inspiration britannique dans un village laurentien francophone, ce n’était pas exactement la voie la plus évidente. Mais après un an d’opération, les clients ont répondu. Les locaux, les touristes, les cyclistes, les skieurs, les familles et les groupes d’amis se sont approprié l’endroit. En hiver, la salle devient plus intime, plus chaleureuse, presque éclairée à la chandelle. En été, la terrasse et la rivière changent complètement le rythme. On passe, on s’arrête, on commande une bière bien froide, un cocktail, un repas, parfois une chambre à l’étage. 

Un lieu qui invite à ralentir 

Car l’auberge fait partie intégrante du charme de la MacTaverne. Manger, boire, puis dormir sur place : l’idée évoque les pubs de campagne britanniques, mais aussi une certaine façon laurentienne de ralentir. Les chambres ont été rénovées avec sobriété, en conservant le caractère campagnard du bâtiment. En haute saison, elles se remplissent rapidement, signe que la MacTaverne est déjà devenue plus qu’un restaurant. Elle est une destination. 

Le lien avec Val-David se construit aussi au marché public. Tim y a rencontré des producteurs, des boulangers, des maraîchers. Le pain, le bœuf, certains légumes ou produits locaux entrent dans le menu lorsque leur qualité s’impose. Ici, le local n’est pas un argument de marketing plaqué sur la carte. C’est une manière de créer des relations. « Quand c’est possible », dit Tim, mais surtout quand c’est bon. 

Dans le fond, la MacTaverne se présente comme un pub, mais agit plutôt comme une maison ouverte. On peut y entrer en habit de vélo, en famille, après le ski, pour un souper plus arrosé ou simplement par curiosité. Et si l’endroit fonctionne, c’est peut-être parce qu’il ne force rien. Il prend au sérieux la nourriture, les cocktails et le service, mais jamais au point de devenir intimidant. Au bout du repas, on comprend mieux pourquoi les Robertson ont choisi Val-David. 

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