De la Saint-Jean à la fête nationale, retour historique sur la fête nationale du Québec

  • Publié le 16 juin 2026 (Mis à jour le 16 juin 2026)
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 Photo: Wikimedia Commons
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Saviez-vous que le défilé de la fête nationale, connue autrefois comme la Saint-Jean-Baptiste, existe depuis plus d’un siècle? À l’instar de la société québécoise, il a connu bien des transformations depuis sa première version. Fête politique, fête religieuse ou fête nationale? Retour sur ses origines.

La fête du 24 juin a des racines anciennes liées aux célébrations du solstice d’été. En 1834, Ludger Duvernay, journaliste et imprimeur du journal La Minerve  – rien à voir avec la municipalité des Laurentides – organise un événement de grande envergure pour célébrer le fait français en Amérique. Il réunit une soixantaine de personnalités politiques de Montréal et du parlement du Bas-Canada. Parmi les convives, on trouve le maire de Montréal, Jacques Viger, le député Louis-Hippolyte La Fontaine et le jeune étudiant Georges-Étienne Cartier. Ce premier banquet se déroule près de l’actuelle gare Viger, dans les jardins de l’avocat réformiste John McDonnell, un ami de Ludger Duvernay.

Les défilés

Duvernay souhaite insuffler un esprit patriotique aux habitants francophones de Montréal, du Bas-Canada et de toute la colonie. Le premier défilé se déroule à Montréal en 1843. Modeste, mais solennelle, la procession affiche haut et fort les symboles de la nation de l’époque : soit le castor et la feuille d’érable qui apparaissent bien nettement sur les bannières, drapeaux et arcs de triomphe qui ponctuent l’événement.

Quant à eux, les chars font leurs apparitions dans les rues de la métropole en 1874. Ils seront rapidement de rigueur pour le défilé qui se tient dans les rues de Québec. La fête s’étend graduellement à plusieurs municipalités de la province et devient une fête officielle et un jour férié en 1925.

Le petit saint Jean- Baptiste

Le char allégorique le plus attendu et le plus connu est celui de saint Jean-Baptiste. Les premiers banquets montréalais célébraient le saint par des poèmes et des chants. En 1908, lors du 300e anniversaire de l’établissement de Québec, l’Église le proclame saint patron des Canadiens français. Très populaire dans les défilés pendant la première moitié du XXe siècle, le personnage blond et bouclé disparaîtra progressivement à partir des années 1960, alors que s’amorce la séparation de plus en plus claire entre l’Église catholique et l’État.

Des chars, en voulez-vous, en voilà !

Tout au long du XXe siècle, la célébration se transforme au gré des lieux et des populations qui y participent. Diverses communautés culturelles, paroisses, groupes de loisirs et entreprises se joignent aux festivités. Les fêtes de quartier prennent de plus en plus d’ampleur et ajoutent une couleur bien locale aux festivités. Les chars adoptent de nouveaux symboles, historiques ou même ludiques.

En route vers la fête nationale

Le 24 juin 1977, la Saint-Jean-Baptiste devient la Fête nationale du Québec à la suite d’un arrêté ministériel du gouvernement de René Lévesque. Les festivités prennent alors un virage populaire. Les chars et les grands spectacles présentent de plus en plus le savoir-faire d’artistes de différentes origines et de disciplines variées, à l’image de la diversité qui caractérise la société d’aujourd’hui.

Celle qui a passé à l’histoire

L’édition de 1975 est une sorte de « Woodstock-en-Québec ». Cinq jours et cinq nuits de festivités sur le mont Royal.

Le premier soir, Gilles Vigneault y « étrennera » Gens du pays, sa chanson appelée à devenir une sorte d’hymne national. Offerte en cadeau à tout le peuple québécois, elle est d’abord présentée à plus de 100 000 personnes (150 000 selon certaines sources) entassées sur les pentes gazonnées bordant le lac aux Castors.

Sous la présidence de l’animatrice télé (et future politicienne) Lise Payette, qui l’inaugure par un discours bien senti, l’événement Québec fête ’75 propose quelques clins d’œil à l’Année internationale de la femme. Le grand spectacle du 23 juin est mis en scène par Mouffe et réunit une impressionnante galerie de chanteuses et comédiennes québécoises, de Muriel Millard à Pauline Julien, de La Poune à Monique Mercure, en passant par Dominique Michel et Renée Claude.

La Saint-Jean ne fait plus peur

Tout compte fait, le bilan sera plus que positif, malgré les craintes nées de certains débordements antérieurs, pensons à l’émeute de 1968, le fameux Lundi de la Matraque.

Également très courue, la Saint-Jean suivante de l’année suivante (1976), passera également à l’histoire, grâce au spectacle « 1 fois 5 », qui réunit les talents de Claude Léveillée, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault et Robert Charlebois.

Source : David Bureau et Michel Defoy, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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