Quand la toponymie souligne l’engagement environnemental

Photo: Médialo – Patrice Francœur
Photo: Médialo – Patrice Francœur

Vous êtes-vous déjà attardé aux noms des chemins que vous empruntez ou des lieux ou des monuments que vous visitez? Ils n’ont pas été nommés par hasard. Et saviez-vous que nombre d’entre eux ont été sélectionnés pour leur apport à la conversation de la nature?

Prenons l’exemple du chemin Victor-Beauchemin à Mont-Blanc, ce chemin qui ceinture le lac Sauvage. Autrefois connu sous le nom chemin du lac Sauvage, il a été rebaptisé en 2013. Mais qui était Victor Beauchemin? Même les résidents des alentours sont perplexes.

Victor Beauchemin est né en 1940. En 1970, il fonde l’Association pour la protection de l’environnement du lac Sauvage (APELS). Au début des années 1990, M. Beauchemin préside également la Fédération provinciale regroupant les mouvements voués à la protection des lacs de la province (FAPEL). Il a aussi participé à la création du Regroupement des associations des lacs de Saint-Faustin–Lac-Carré (RAL). Pendant plus de 40 ans, Victor Beauchemin a donc fortement contribué à la protection de l’environnement sur le territoire de la municipalité de Saint-Faustin–Lac-Carré, devenue Mont-Blanc en 2022. Il meurt en 2010.

Serge Léonard

Vous fréquentez le Parc Serge-Léonard, ce sentier qui contourne le lac de l’Aqueduc à Mont-Tremblant, pour la pêche à gué, la randonnée pédestre ou tout simplement pour vous balader avec votre chien? Mais qui était Serge Léonard?

Amant de la nature et de l’environnement, Serge Léonard (1958-2017) a travaillé pendant plus de 32 ans pour le service de l’environnement de la Ville de Mont-Tremblant.

Curé Charles Hector Deslauriers dans sa serre. / Photo: SOPABIC

L’abbé Charles-Henri Deslauriers

L’abbé Charles-Henri Deslauriers, quant à lui, est associé à deux lieux : le chemin du Curé-Deslauriers et le parc du même nom. Qui connait son histoire lève la main bien haut.

L’abbé Charles-Henri Deslauriers a été le premier curé de la paroisse du Sacré-Cœur-de-Jésus, à Mont-Tremblant. Il a joué un rôle fondamental dans le développement du mont Tremblant. Son intervention auprès du premier ministre Duplessis, en 1938, a fait en sorte que Joseph Bondurand Ryan a pu établir sa station touristique. Il est aussi le fondateur de la Société d’horticulture de Mont-Tremblant et de l’Association de la vallée de la Rouge, organisme voué au reboisement du territoire.

Mais surtout, il a été un des membres fondateurs du club des 4-H. Ce club est fondé en 1941 par l’Association forestière québécoise. Dès 1942, le curé Deslauriers crée un club dans son propre village. Les quatre H pour honneur, honnêteté, habileté et humanité. Un organisme véritablement précurseur qui a vu le jour en pleine seconde guerre mondiale (1942) par des visionnaires qui avaient comme but commun la protection de l’arbre et des forêts. Un club à l’écoute de la nature.

Un mouvement qui a réalisé des actions, qui autrefois paraissaient innovatrices, mais qui, de nos jours, font partie de nos vies comme les campagnes de nettoyage du printemps ou pour le contrôle de l’herbe à poux, les haltes routières, le don d’arbres pour une naissance. Le curé Deslauriers prend conscience de la dégradation des environs du lac Tremblant ravagé par les coupes forestières. En 1960, il s’associe à la Canadian International Paper (CIP).  Il crée l’Association de la Vallée de la Rouge pour reboiser le village et les alentours.

On estimera dix ans plus tard que près d’un million d’arbres auront été plantés annuellement dans la vallée de la Rouge.  En 1966 il reçoit la distinction de Grand Chevalier de l’Ordre du mérite forestier du Québec. Quatre ans plus tard, il reçoit le prix national L’homme et les ressources naturelles conjointement avec l’Association qu’il a créée.