Chronique historique: Rues principales

  • Publié le 29 sept. 2025 (Mis à jour le 9 oct. 2025)
  • Lecture : 2 minutes
Rue Ouimet Saint-Jovite vers 1930 /
Photo: SOPABIC
Rue Ouimet Saint-Jovite vers 1930 / Photo: SOPABIC

Une chronique de Guy Vincent et Jocelyne Patry


Au Québec, dans un grand nombre de municipalités, on appelle Rue Principale la voie de circulation où, de chaque côté, se dressent les principaux immeubles: religieux, scolaires, municipaux et commerciaux. La rue principale représente le cœur névralgique d’une communauté, un lieu de convergence, de rassemblement où l’on peut trouver plusieurs commerces, des restaurants et des activités. C’est également l’endroit où se côtoient tradition et modernité, où logent l’architecture locale de même que les nouvelles tendances.  Les rues principales sont souvent les plus anciennes des municipalités.

La rue Principale n’est pourtant pas identique à celle d’origine! De multiples facteurs l’ont façonnée, changée, enrichie ou dénaturée… Chaque réalité d’une époque donnée laisse son empreinte. Du temps des chevaux, la rue est généralement en terre, les commerces ont sur leur devanture des barres d’attache pour leur monture et la forge est un commerce florissant.  Pour un usage propret, des trottoirs de bois la parcourent que chaque propriétaire doit entretenir.

Quand l’automobile apparaît et les voyageurs qu’elle transporte, la chaussée se pave, naissent les postes d’essence et les garages, les hôtels se multiplient ainsi que les restaurants. Plus tard, des feux de circulation s’installent, les stationnements deviennent essentiels et les trottoirs se bétonnent. Le magasin général des pionniers devient épicerie, boucherie ou boutique de variétés, d’autres spécialités s’affichent, les chaînes de magasins émergent, la vocation des commerces change selon les différents modes de communication ou de loisirs.

D’autres éléments apportent aussi des changements sur cette rue principale : les bâtiments incendiés laissent la place à des immeubles «plus modernes», l’augmentation de la population exigeant plus de ressources, des agrandissements s’effectuent, des édifices sont déplacés.  Sa signature se caractérise de la mode du moment.

Dans les municipalités plus rurales, la création de nouvelles routes provinciales, telle la route 117 dans les Laurentides, est malheureusement venue changer la dynamique commerciale et sociale du village, les voyageurs n’ayant plus à le traverser pour continuer leur périple. Conséquemment, la rue principale reçoit beaucoup moins de visiteurs et les commerces moins de clients. Plusieurs de ses marchands survivent difficilement à ces changements et doivent souvent mettre la clé sous la porte. Dans la région, Saint-Faustin (aujourd’hui Mont-Blanc) et La Conception ont fait face à cette conjoncture et leur rue principale a quasi disparu.

La prochaine exposition de la société du patrimoine SOPABIC vous offre l’opportunité d’explorer la rue Principale de Saint-Jovite ainsi que celle de municipalités environnantes.  C’est un rendez-vous à l’hôtel de ville de Mont-Tremblant du 3 au 26 octobre 2025.  Venez constater l’évolution de cette rue emblématique.

Pour plus d’informations : Société du Patrimoine SOPABIC.

819-717-4224,

sopabic1@gmail.com

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